Cabinets ministériels français : la domination masculine confortée

1 juin 2012
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Stupéfaction!

Après la première composition totalement paritaire d’un gouvernement français (17 femmes sur 35 ministres, soit 49% du gouvernement),  les cabinets ministériels, rouages majeurs de l’élaboration des politiques publiques, se sont mis en place. A ce jour, ils ne sont pas totalement constitués, mais tous les postes à responsabilité ont été attribués. et que constatons-nous? Sur 140 directeurs, directeurs adjoints et chefs de cabinets, seules 38 femmes ont été nommées, dont 5 directrices de cabinet sur 34 directeurs (soit 15% d’entre eux), 4 directrices adjointes sur 18 (soit 22% d’entre eux), 5 chefs de cabinet sur 30 (soit 16% d’entre eux) et une femme sur 9 conseillers spéciaux. Pour les directeurs de cabinets, ces chiffres sont pires que ceux de la représentation féminine actuelle à l’Assemblée nationale. Comment a-t-on pu en arriver là?

La parité doit être une question de principe lorsqu’un ministre constitue son cabinet. Comme pour les postes de direction en entreprise, cette parité doit s’appliquer à 2 niveaux : d’une part pour les postes de direction des cabinets (directeur et directeur-adjoint) et d’autre part pour les postes de conseillers et chargés de mission. On sait parfaitement qu’au sein du fonctionnement de l’Etat, cette distinction est loin d’être un détail, elle est essentielle.

Il est offensant de lire à longueur de journaux que le vivier de femmes hauts fonctionnaires n’est pas suffisant pour nourrir les directions des cabinets. La parité chez les directeurs de cabinets, cela représente 17 femmes. Comment oser dire qu’il n’y a pas 17 femmes hauts fonctionnaires aujourd’hui capables de diriger un cabinet? A-t-on même pensé à contacter Administration Moderne, l’association des femmes hauts fonctionnaires, présente dans tous les grands corps de l’Etat,  bien connue notamment du ministère de la Fonction publique et qui a joué un rôle important pour faire aller la loi Sauvadet dans un meilleur sens (même si de nets progrès sont encore à faire…)? Comment oser dire que cette association ne constitue pas, en elle-même, un vivier motivé de femmes hauts fonctionnaires? Comment promouvoir les femmes à des postes de responsabilités, si on les exclut d’emblée des directions des cabinets ministériels?

Il serait sain que les pouvoirs publics aient comme réflexe de s’adresser à l’association des femmes hauts fonctionnaires pour mettre en oeuvre le principe constitutionnel  de favoriser l’accès des femmes aux  responsabilités professionnelles et sociales au sein de l’Etat. L’Assemblée des Femmes de Paris-Ile de France soutiendra fortement Administration Moderne dans cette démarche de parité au sommet de l’Etat.

 

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